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Pourquoi le diesel est-il plus cher que l’essence?

Les raffineries françaises produisent plus d’essence que nécessaire mais ne couvrent qu’environ la moitié des besoins en gazole. (Source Le figaro)

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Les prix des carburants s’envolent… Et le gazole bien plus encore que l’essence. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le litre est passé d’environ 1,62 euro à près de 2,20 euros – soit une hausse de 36%. Dans le même temps, celui de sans-plomb 95 n’a augmenté «que» de 17%, à 2,03 euros. Remplir son réservoir d’essence en lieu et place du gazole peut être tentant mais peut avoir de lourdes conséquences : vous vous exposez à un risque de casse du moteur, voire à un départ de feu. Mais quelle est la différence ?

Tous deux produits à partir du brut, essence et gazole présentent des différences techniques dès leur raffinage. Chauffé à environ 400°C dans une tour de distillation, le pétrole se sépare en plusieurs fractions selon leur température de condensation : les gaz en haut, suivi de l’essence, du kérosène et du gazole et enfin les produits et résidus les plus lourds.

Comment l’essence et le gazole sont-ils produits ?

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Aujourd’hui, les raffineries françaises produisent davantage d’essence que le marché intérieur n’en consomme. À l’inverse, elles ne couvrent qu’environ la moitié des besoins en gazole. Comme le rappelle Olivier Gantois, le président de l’Ufip Énergies et Mobilités et porte-parole des pétroliers en France, «une raffinerie ne peut pas produire uniquement du diesel à partir du pétrole brut». D’ailleurs, «depuis les années 2000, les raffineries françaises n’ont jamais produit suffisamment de diesel pour couvrir la consommation».

Une demande encore élevée en France

D’après les derniers chiffres, la part du gazole dans la consommation de carburants routiers s’élève encore à 67% en 2025. Longtemps favorisées fiscalement, les voitures diesel se sont progressivement imposées dans le parc français. Entre 1990 et 2010, elles représentaient en effet plus de 70% des ventes de véhicules neufs. Depuis 2018, la chute est brutale. La part tombe sous les 40% puis s’effondre pour atteindre 21,1% en 2021. Et seulement 5% en 2025. Ce retournement ne se traduit cependant pas immédiatement dans la consommation : le parc roulant se renouvelle lentement. Malgré l’effondrement des ventes, le gazole continue donc de peser fortement dans la demande de carburants.

Le gazole plus sensible aux fluctuations des cours 

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Le gazole est un carburant moins taxé que l’essence, ce qui rend son prix à la pompe plus sensible aux fluctuations du marché. Aujourd’hui, les cours représentent environ 40% de son prix – 34% pour le SP95. Lorsque le prix du baril augmente, le gazole réagit donc plus fortement. D’après la décomposition des prix des carburants, la hausse observée depuis janvier est largement tirée par la cotation des cours de pétrole. Pour le gazole, elle passe de 0,52 à 0,907 euro par litre, une hausse de 74%. Pour le SP95, elle progresse également mais dans une moindre mesure.

50% des importations de produits raffinés

En 2025, la France a importé 36 millions de tonnes de produits raffinés. Le gazole et fioul domestique représentent à eux seuls plus de la moitié des importations. Le kérosène suit avec 17% mais l’essence représente moins de 10%. Résultat : l’Hexagone dépend massivement de l’étranger, notamment du Moyen-Orient (près de 30% des importations) et de la zone ARA – Amsterdam, Rotterdam, Anvers –, le premier hub européen du raffinage.

Une forte dépendance au Moyen-Orient

Derrière ces chiffres se cache un déséquilibre industriel profond. Le 23 mars dernier, le gouvernement avait d’ailleurs demandé aux raffineurs d’évaluer «dans les meilleurs délais» la capacité de leurs sites en France «à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés». Une démarche pour laquelle les marges de manœuvre de nos raffineries semblent toutefois très limitées.

Dans ce contexte, malgré les ambitions de la stratégie énergie-climat, qui prévoit de réduire la part des énergies fossiles de 58 en 2023 à 29% d’ici 2035, la dépendance au gazole continue, pour l’instant, de peser lourdement à la pompe.

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